Gestion de l’eau : les élus face au "mur d’investissement"

Mercredi 11 février 2026
Investissements publics eau

Dans une analyse sur les dynamiques d’investissement en eau des collectivités, la Banque des Territoires alerte sur une stagnation de la commande publique en décalage avec la criticité des enjeux climatiques et la vétusté des réseaux. Et si la réponse la plus immédiate était dans le « smart water » avec les solutions So’Cities de Sogetrel ?

La gestion de l’eau, une priorité

C’est une préoccupation majeure des maires. À quelques encablures des élections municipales, la gestion de l’eau se hisse à la troisième place des sujets prioritaires des élus communaux, derrière la voirie et les bâtiments publics.

  • Les édiles sont 36 % à estimer que leur commune pourrait être confrontée à une situation de stress hydrique durant le prochain mandat municipal. 
  • Le niveau de projection grimpe à 45 % chez les maires de villes moyennes et grandes, 
  •  à 48 % au sein des élus du quart Sud-Est de la France, selon une étude Odoxa publiée en janvier 2026.

Au-delà de l’inquiétude, comment les élus agissent-ils pour prévenir la raréfaction de la ressource ? Quelle est aujourd’hui la place effective de l’eau dans les investissements des collectivités locales ? Qu’est-ce qui oriente les fléchages budgétaires ? Pour cerner les dynamiques d’investissement dans la gestion de l’eau, dans un contexte marqué par le dérèglement climatique et les effets des activités humaines, la Banque des Territoires a publié en octobre 2025 une étude inédite, basée sur l’analyse de la commande publique de 2019 à 2024.

Une commande insuffisante au regard des enjeux

La nécessité d’investir plus sur l’eau

Parmi les grandes tendances identifiées sur la période : une stagnation des investissements globaux, à raison de 5,3 milliards d’euros injectés par an (7 milliards en incluant les délégations de service public). Un constat qui peut alerter alors que la criticité de la ressource s’intensifie rapidement. « Le mur d’investissement se rapproche », note la Banque des Territoires, rappelant qu’ « il faudrait investir 4,6 milliards d’euros supplémentaires par an pour atteindre un niveau d’entretien et de modernisation compatible avec les enjeux climatiques ».

 

Lutter contre le gaspillage d’eau

France 2030

Relever le défi s’avère d’autant plus urgent que la multiplication des épisodes de sécheresse n’est pas seule en cause. « Il y a en France un problème d’ancienneté et de vétusté des canalisations de distribution d’eau. Un cinquième de l’eau potable produite n’arrive jamais à destination, perdue dans les sols du fait de fuites. Dans certaines communes, le gaspillage peut atteindre 50% de l’eau produite. C’est autant de prélèvements inutilement opérés dans les nappes phréatiques », explique Pierre-Yves Senghor, Référent IoT pour So'Cities. 

Modernisation des unités d’assainissement

Sans surprise, le grand cycle de l’eau (GEMAPI, eaux pluviales) ne concerne que 20 % des consultations publiques, 80 % des lots portant sur le petit cycle, partagé entre : 

  • un volet distribution de l’eau potable,
  • un volet assainissement. 

« Les réseaux d’assainissement requièrent aussi des investissements substantiels de modernisation pour répondre aux enjeux que les évolutions démographiques font peser sur les structures de consommation », précise Pierre-Yves Senghor. La densification des populations urbaines et donc de la demande en consommation contraint, en effet, nombre de centrales à des aménagements significatifs pour permettre un passage à l’échelle. Ces projets appellent des ingénieries complexes et nécessitent des investissements lourds. Parallèlement, les territoires ruraux vont devoir faire migrer leurs petites unités de traitement vers une automatisation progressive.

Une commande encore très fragmentée

Les transferts de compétences opérés en 2020 au profit des établissements publics de coopération intercommunale (EPCI), des syndicats mixtes et des grandes régies urbaines,

ont donné lieu à :

  • une concentration des acteurs, 
  • un recul du poids des communes,
  • une accélération des consultations dans les territoires ayant le plus transféré. 

Si ce mouvement s’est traduit par une hausse de la taille moyenne des opérations, l’étude de la Banque des Territoires n’en révèle pas moins une grande fragmentation du secteur, avec 85 % des lots inférieurs à 500 000 euros. Les opérations portant sur un montant supérieur à 20 M€ concernent uniquement des marchés globaux de performance ou des Délégations de service public (DSP). 

« Le marché est extrêmement fragmenté. C’est un fait propre à la France et à son découpage administratif. Même si la tendance est à la mutualisation, le pays compte encore plus de 6 000 services de l’eau en gestion ou régie directe », commente Pierre-Yves Senghor. Sans une nouvelle concentration à venir des acteurs, cette structure de marché très atomisée devrait se maintenir. La suspension de l’obligation de transfert de 2025 risquant à cet égard de prolonger le statu quo. 

Montée en puissance des prestations intellectuelles

Dans le constat global en demi-teinte établi par la Banque des Territoires, le meilleur signal est sans doute dans la tendance haussière des marchés publics de prestations intellectuelles : 

  • ingénierie, 
  • études, 
  • assistance à maîtrise d’ouvrage. 

On peut supposer, analyse l’établissement public, que ce besoin croissant d’accompagnement traduit une « montée en connaissance » des acteurs, elle-même souvent préalable à de futurs travaux. En effet, près de la moitié des collectivités ayant lancé une étude passent à l’action l’année suivante.

La recherche de performance

Pierre-Yves Senghor identifie clairement un autre signal positif, symptôme sans aucun doute d’une réelle dynamique de marché : la recherche de la performance, y compris au sein de petites communes. « La grande tendance aujourd’hui et plus encore demain est incontestablement dans le smart water, autrement dit la gestion intelligente de l’eau. Ce mouvement, bien en marche, imprime une rupture technologique majeure en matière de distribution et de services aux habitants. Les communes sont de plus en plus nombreuses à franchir le pas de la télérelève des compteurs d’eau, à déployer des réseaux connectés, des capteurs IoT, des plateformes de pilotage et de suivi », note le consultant. 

Avec son offre So’Cities, Sogetrel a ainsi accompagné, par exemple, la ville de Saumur et Angers Loire Métropole, qui ont fait le choix de passer à la télérelève des compteurs d’eau.

Des applications digitales à la main des élus

Cette évolution du marché vers les services connectés s’accompagne d’une autre bascule technologique et fonctionnelle, portée celle-ci par le développement d’applications 

  • plus faciles d’utilisation, 
  • plus intuitives et ergonomiques, 
  • pensées à la maille des élus et des services opérationnels locaux. 

« Il y a là un vrai mouvement de démocratisation des technologies, jusqu’alors chasse gardée des seuls délégataires. Désormais, les communes, même les plus petites, peuvent 

  • avoir la main sur la gestion de leur réseau, 
  • suivre les consommations, 
  • repérer les dysfonctionnements, 
  • ajuster le tir, 
  • informer et sensibiliser les habitants, 
  • affiner la facturation. 

C’est une très bonne nouvelle, car elle sert autant la performance que la sobriété », constate Pierre-Yves Senghor.

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